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Ici et là autour du monde
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18 avril 2026

Un véritable marathon !

Petite journée tranquille, a priori, en attendant ce soir le retour d'Anna qui nous loge. Nous repartons vers le bord de mer pour longer encore une fois cette côte tellement accueillante, et nous nous retrouvons à l'entrée des remparts, à l'endroit où nous étions arrivés hier soir. Avec le ciel bleu et le soleil éclatant, ces vieilles pierres semblent nous écraser, comme elles ont dû impressionner les ennemis des Habsbourg du temps de la construction des murailles. A l'intérieur, la blancheur des maisons, des palais, la végétation presque maghrébine, les curiosités cachées ici et là (un vieux tunnel médiéval dissimulé et surmonté d'un autel baroque, une étrange "maison de Colomb"...) nous plongent dans un dépaysement auquel nous ne nous étions pas attendus. Nous décidons de commencer par le haut de la vieille ville, par la cathédrale, bâtie sur une mosquée, elle-même bâtie sur des vestiges romains et plus anciennement phéniciens. Mais l'intérieur est baroque, blanc, et un petit musée diocésain nous amuse avec ses madones à la mine renfrognée, sa collection de portraits d'évêques dont certains sont assez effrayants, ses reliquaires aux ossements nombreux répertoriés sur une liste microscopique collée sur le côté, une sculpture de saint coiffé d'une flamme qui lui donne des airs de Tintin. Nous poursuivons par les bastions les plus avancés sur la mer qui offrent des vues époustouflantes sur Formentera et le grand large. Mais il est temps de faire une petite halte dans le "Parador" (chaîne d'état d'hôtels de prestige), et de nous installer dans les confortables canapés qui bordent la cour de ce qui fut "l'acropole" phénicienne et romaine, puis la forteresse arabe et catalane de la ville. Le lieu est d'une beauté incroyable, parfaitement rénové, et contient une telle quantité d’œuvres d'art magnifiquement intégrées à l'architecture des lieux qu'on se croirait dans un musée. Nous avons du mal à quitter l'endroit, mais nous repartons pour déambuler dans les ruelles blanches, en nous arrêtant au centre d'interprétation sur l'Ibiza arabe, puis au musée Puget, qui présente les œuvres du père et du fils de ce nom dans un palais médiéval superbe, offrant un panorama sur toute la ville. En sortant, nous nous mettons en quête d'un couvent de chanoinesses augustiniennes qui, paraît-il, confectionnent de délicieuses pâtisseries... malgré un retour de messe un peu tardif, au point qu'une famille espagnole se sent obligée de sonner plusieurs fois à la boutique, puis de téléphoner et enfin de hurler pour faire venir les deux pauvres sœurs bien penaudes, nous sommes ravis de pouvoir faire le plein de ces petits gâteaux qui sont en effet bien bons ! Les oreillettes citron/menthe, les rubiols fourrés à la pomme, et même les empanadas maison disparaissent vite lors du pique-nique longuement dégusté sur une placette paisible dominant la mer et ses reflets argentés. Nos pas nous conduisent ensuite au bas de la vieille ville, à la porte des Taules, monumentale, avec une "place d'armes" bordée d'arcades et précédée d'un pont levis qu'encadrent deux statues romaines (enfin, des copies...). Après avoir contourné le vieux marché dorique et le marché aux poissons (tous deux en travaux), nous continuons notre traversée de ce quartier du port que jalonnent des rues aux boutiques se voulant "hippies", avec plus ou moins de succès, ornées de guirlandes de fleurs ou de tissus colorés, bientôt remplacées par des ruelles plus tortueuses, encombrées parfois de rebuts, aux installations électriques précaires, où deux fillettes se poursuivent en s'invectivant, l'une d'elles me demandant avec aplomb si je prends des photos, et de qui ou de quoi... c'est le quartier gitan, délabré mais encore palpitant de vie. Et nous voilà bientôt sur le port, tout bruissant de commentaires d'un speaker annonçant le départ imminent du marathon d'Ibiza, au rythme de musiques dignes des boîtes branchées de l'île. Nous nous promenons le long des quais et d'une longue jetée qui nous permet de contempler d'un seul coup d’œil la vieille ville, le port et les athlètes qui s'échauffent encore. Le départ de l'épreuve est fort joyeux, mais nous laissons les coureurs disparaître dans la ville, alors que nous prenons le chemin du retour en passant par les grandes places "du Parc" et de la "Promenade Vara de Rey" (pirate mercenaire héros d'Ibiza). C'est entre les deux que nous nous arrêtons pour prendre des rafraîchissements à la terrasse d'un sympathique établissement. Mais il est tant de rentrer sans tarder, après quelques menues courses, pour retrouver Anna qui revient de son déplacement professionnel. La soirée de retrouvailles est chaleureuse et pleine de récits d'anecdotes ou d'évocations de visites à faire les jours prochains.

 

 

 

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