Au revoir Lisbonne ! Nous quittons le quartier suffisamment tôt pour ne pas avoir de problème à l'aéroport, mais il n'y en a aucun, tout est huilé, tout est à l'heure, le vol est court, l'arrivée parfaite, et nos reprenons la route pour rentrer à la maison. Non sans difficultés sur la route, mais vite oubliées.
Lever même heure que tous les jours, mais programme plus succinct, si on s'en tient à ce que nous devons visiter. Nous partons à pied de notre quartier, pour descendre vers l'énorme église du Sacré Cœur, que nous longeons chaque jour depuis notre arrivée. En chemin, nous nous arrêtons à l'église du quartier d'Ourique, assez moderne et sans grand intérêt. Le Sacré Cœur, un peu plus loin donc, est une énorme église blanche, baroque, à l'intérieur chargé, mais pas autant que d'autres édifices de la même époque. Après en avoir fait le tour, nous allons nous promener dans le jardin d'Estrela, juste en face, un très joli havre de fraîcheur, rempli d'arbres exotiques, parfois énormes, et de gens qui déambulent tranquillement comme nous. Nous nous arrêtons pour un petit café au bord d'un bassin où s'ébattent canards énervés et tortues amorphes. Nous reprenons notre pérégrination, en passant devant le Parlement, qui possède de très beaux jardins à l'arrière, visibles de la rue, et en nous arrêtant à la poste pour envoyer des cartes postales. Et puis nous plongeons dans le quartier qui était notre objectif du matin : le quartier de Lapa. Les rues sont calmes, bordées de bâtiments de plus en plus cossus, malgré la modestie de certains, et puis ces beaux édifices deviennent des ambassades, parfois imposantes (celles de la France ou de la Chine, par exemple). Mais ce qui fait le charme du coin, ce sont les échappées vers le Tage, la vue depuis certains balcons doit être sublime. Toujours en profitant du calme serein de ces rues, et sous un soleil éclatant, nous redescendons peu à peu vers le fleuve. Mais voilà que la faim se fait sentir. Après quelques recherches, nous trouvons une espèce de cantine de quartier, fréquentée visiblement par des habitués. Nous commandons des seiches dans leur encre, accompagnées de légumes, nous attendons un peu en goûtant un verre de blanc franchement pas fameux, puis nous voyons le patron s'énerver en cuisine et revenir nous voir pour se morfondre car il n'y a plus qu'une portion de seiches et pas deux... Nous lui répondons que ce n'est pas grave et que nous changeons de deuxième commande, mais il insiste pour s'excuser encore et cela va durer tout le temps passé dans l’établissement, même lorsque nous dégustons de délicieux desserts portugais (un flan au citron et une sorte d'île flottante enrobée de crème à la vanille). Espérons que ce soir le patron ne se sera pas planté une épée en travers du corps comme Vatel ! Mais nous ne devons pas traîner car nous avons réservé une visite du cloître du couvent des Hiéronymites à Belèm, et le temps presse. Nous arrivons à temps pour un petit café en face et pour intégrer la gigantesque queue des visiteurs. Le couvent a été construit au début du seizième siècle, au temps de Manuel 1er, dans le plus pur style "manuélin". C'est un mélange d'éléments gothiques, et Renaissance, voir maniéristes par certains côtés (mascarons grotesques, volutes et vrilles...), mais l'ensemble est impressionnant, magnifique. Et nous retrouvons dans un recoin de la partie inférieure du cloître notre ami Pessoa, enterré là depuis 1985. Un peu plus tard, pendant la visite de l'église, deux autres illustres Portugais nous attendent : le poète Luis de Camoes et Vasco de Gamma. Une visite du plus grand intérêt ! Mais nous avons besoin de nous rafraîchir et de nous aérer. Après une bonne glace, accompagnée de crème fouettée, prise au Centre Culturel de Belèm, puis un rapide coup d’œil au jardin botanique, nous repartons le long de Tage pour flâner encore un peu avant de rentrer passer notre dernière soirée lisboète à la maison. Nous prenons notre temps, nous profitons du coucher de soleil, de l'ambiance tranquille des lieux, malgré les sportifs acharnés qui nous doublent ou nous croisent, de l'intérêt de beaux bâtiments industriels reconvertis... et puis le bus est là, qui doit nous ramener dans notre quartier. Trois courses, un verre de vinho verde pris au marché d'Ourique, et c'est le retour à la maison pour le dernier soir avant de rentrer !
Notre connaissance de la ligne 28 du tram s'améliore chaque jour, ce matin, nous la prenons jusqu'à la cathédrale de la Sé. L'édifice roman, massif, s'élève sur une hauteur qui a été le noyau de la ville, habité probablement depuis la préhistoire comme en témoigne les vestiges retrouvés sur ces pentes et datant au moins de l'âge du fer. La visite de la cathédrale (payante !) permet de monter dans une tour, de voir un musée qui est en fait le trésor des lieux et d'admirer le mélange de styles entre nef romane, chapelles gothiques et abside du chœur baroque. Le cloître, riche de vestiges archéologiques n'est malheureusement pas ouvert, comme pas mal de choses que nous devions visiter aujourd'hui. Mais pour l'instant, nous redescendons les pentes du quartier de l'Alfama pour nous rendre à la maison "dos bicos", à cause de sa façade en pointes de diamants. La maison a été construite au seizième siècle, dans un style italien, mais il ne reste plus grande chose de l'édifice d'origine. Des restaurations nombreuses ont suivi le tremblement de terre de 1755 et les ravages des temps modernes, mais à présent c'est un lieu culturel magnifique, qui abrite la fondation Saramago, seul prix Nobel de littérature portugais. Le rez-de chaussée est une vitrine archéologique assez importante, avec d'utiles et nombreuses informations. On y trouve des vestiges romains de murs et de bassins de "cetaria" (atelier de salaison de poisson), des pans des murailles mauresque et médiévale, le tout bien mis en scène et expliqué clairement. Mais nous devons remonter sur la colline, vers le château, non sans nous être arrêtés au café "Bica dos bicos", tenu par un charmant monsieur paraissant français, à l'atmosphère chaleureuse. La pente est dure ensuite, malgré le coup de fouet du café, nous passons devant les vestiges du théâtre romain, où une archéologue fouille un tout petit endroit, puis nous arrivons à la porte du "Castello", le château-fort qui domine la ville. On se promène au pied des fortifications, on s'arrête pour une petite collation, puis pour un dessert-café, on progresse dans les cours et sur le chemin de ronde. Le musée est fermé, tout comme la "chambre noire" et le site du "noyau archéologique". Mais la visite est tout de même riche et les vues sur la ville sont somptueuses. Nous sortons de l'enceinte pour flâner dans les rues et ruelles de l'Alfama en direction du monastère Saint Vincent de Fora ("hors les murs", car en dehors de remparts à sa fondation). Un petit tour dans un atelier de fabrication d'azulejos, pour nous mettre l'eau à la bouche, et nous voilà arrivés au monastère. Nous n'imaginions pas qu'il était à ce point gigantesque, alors nous commençons la visite guillerets en nous réjouissant de voir quelques azulejos à l'entrée. Mais voilà que cloître immense après cloître immense, galerie après galerie, salle après salle, nous allons être saturés de carreaux bleus, de scènes de chasse, de danse, de pêche (dans un monastère !), de personnages grotesques ou royaux, d'illustrations de la Bible ou des fables de La Fontaine. Bref, il ne faudra plus nous parler d'azulejos pendant longtemps. La salle du "Panthéon" de la dynastie des Bragance est impressionnante de froideur solennelle. Depuis le toit de l'église du monastère, la vue s'étant partout sur Lisbonne, l'estuaire du Tage, les villes alentour. C'est à couper le souffle... Nous profitons de la fin de la visite pour jeter un coup d’œil à une immense citerne souterraine, interne au monastère. Mais il nous faut repartir et nous nous dirigeons vers le quartier de Graça, toujours par des petites rues pittoresques et par des "miradors" où la vue s'étend loin. Des escaliers, des descentes abruptes, des pentes raides nous permettent de traverser le quartier de La Mouraria, au milieu des tags et d’œuvres de street art magistrales. Un plaisir pour les yeux. La file d'attente est très longue pour le tram 28, place Martim Moniz, mais en en laissant passer deux, nous pouvons monter dans le troisième et ainsi accomplir notre vœu le plus cher : être transporté d'un bout à l'autre de la ligne 28. Trois courses en arrivant, un petit apéro des familles, un petit repas léger, et nous voilà prêts à affronter demain.
Retour dans le cœur de ville, aujourd'hui. Le tram 28 nous emmène rapidement place Luis de Camoes d'où nous commençons notre périple. Nous nous arrêtons d'abord au café A Brasileira, un vénérable établissement, plus que centenaire, à la décoration soignée, avec boiseries art nouveau et tableaux des années 70. Fernando Pessoa y avait ses habitudes au fond de la salle, nous faisons comme lui : nous dégustons un excellent expresso. D'ailleurs le brave homme va constituer le fil conducteur de notre journée. Un petit arrêt à la librairie Bertrand, qui serait la plus vieille du monde (1732), et qui regorge de livres de ou sur Pessoa, puis nos pas nous conduisent vers la place du Commerce, non sans une halte sur la place de la Mairie où nous devons effectuer quelques démarches à la poste. Le lieu nous arrête un bon moment car il y a une belle exposition de photos sur Lisbonne dans les années 40/50. Quelques rues plus loin, c'est l'immense place du Commerce, donc. L'espace est ouvert, une statue en impose au centre de la place, tout comme l'arc de triomphe sur le côté nord. Après quelques détours, jusqu'au bord du Tage où deux cormorans semblent avoir élu domicile au-dessus de deux colonnes fichées dans l'eau, nous revenons sur nos pas pour aller manger au Martinho da Arcada, un très ancien glacier, du dix-huitième siècle, devenu café-restaurant. On nous installe à côté de la table attitrée de Pessoa... décidément ! Le temps de digérer les sardines grillées à l'huile d'olive et la "bouillabaisse" portugaise (délicieuse !), nous voilà dans les rues orthogonales du Baixa, le quartier reconstruit après le tremblement de terre de 1755. Au détour d'une de ces rues, nous apercevons l'ascenseur de Santa Justa, énorme structure métallique construit par un disciple d'Eiffel. Nous allons le contempler d'en-dessous, puis nous essayons de trouver en vain un point de vue pour l'observer de dessus. Nous renonçons temporairement pour aller voir les deux places emblématiques de l'endroit : la place du Rossio, d'abord, puis la place de Figueiras, avec une halte dans une église étonnante, Saint Dominique : l'intérieur est comme attaqué par une lèpre, un eczéma lithique, il y a des parties où les murs sont noircis, où l'on voit des briques affleurer, on croirait le résultat d'une explosion atomique. Après quelques recherches, nous apprenons que l'église a été ravagée par le feu en 1959 et qu'on ne l'a rouverte qu'en 1994, en y laissant les stigmates de l'incendie. Sur la place de Figueiras, nous nous arrêtons dans une pâtisserie qui date de 1829, le goûter-café est le bienvenu. En sortant, nous décidons de tenter notre chance une seconde fois pour la vue du dessus de l'ascenseur. Nous trouvons le chemin d'un point de vue surplombant, que nous atteignons rapidement. La vue sur Lisbonne est magnifique. Nous redescendons vers l'Avenida de la Liberdade en passant par le tracé du funiculaire de Gloria où quelques œuvres de street art sont visibles, puis nous traversons l'Avenida pour suivre une rue bordée de théâtres de music-hall, le Broadway lisboète, et point de départ d'un autre funiculaire, celui de Lavra, jusqu'à une petite porte donnant sur un escalier qui nous mène à... un palais mauresque. C'est très impressionnant, on se croirait à Fès avec des arcades en bois sculptées et moulurées comme dans les pays arabes, c'est la "Maison de l'Alentejo", elle rend hommage à tous les gens célèbres de cette région, et fait la promotion de ce coin du Portugal qui semble magnifique. Des gens rient de bon cœur dans un patio voisin, autour d'un verre, et nous ressortons pour nous diriger encore vers les rives du Tage. Un petit moment passé allongés sur un banc, à côté du débarcadère des ferrys "art déco", et nous remontons une dernière fois le quartier, en passant par la place du Rossio où une manifestation importante arrête nos pas : on se retrouve "chez nous" avec des slogans qui rappellent ce qu'il se passe en France ces jours-ci, c'est très émouvant de partager quelques minutes de solidarité humaniste avec les Portugais. Mais nous avons réservé dans un établissement un peu plus haut, et nous nous y rendons. Il s'agit d'un restaurant-bar où se produisent des chanteuses et chanteurs de fado. On nous installe dans cette salle toute petite, et les musiciens viennent prendre leur place, collés à nous, littéralement ! Nous y restons trois heures, entre repas succinct, boissons et écoute attentive des ces complaintes, qui prennent des tonalités différentes selon les interprètes. Il est alors temps de rejoindre le métro pour rentrer. Encore une journée bien remplie !
En ligne de mire aujourd'hui : une première plongée dans le cœur de Lisbonne, du Bairro Alto au Cais do Sodre, du Rossio au Chiado. Pour nous y rendre, nous prenons le fameux tram en bois, ça descend, ça monte, ça freine brusque et bruyamment, ça vaut sa réputation ! Nous avons repéré quelques curiosités vers le nord, nous nous y dirigeons, mais la première, une pâtisserie au beau décor, a disparu. Nous allons alors contempler la vue depuis le mirador de Sao Pedro de Alcantara. La vue est grandiose, on peut voir le château Saint Georges, en face, les tours de la cathédrale de la Sé, d'autres "miradors", d'innombrables clochers... et avec ce soleil, c'est un bonheur. Nous souhaitions prendre le funiculaire de Gloria, mais nous apprendrons plus tard que depuis l'accident de ce dernier (16 morts !) il y a peu, tous les funiculaires de Lisbonne sont à l'arrêt. Nous descendons donc à pied vers l'Avenida da Liberdade, large voie bordée de contre-allées ombragées et de grands bâtiments ou d'hôtels, et arrivons à la gare centrale du Rossio, énorme bâtiment à la forme difficile à percevoir d'un seul coup d’œil. Dans un recoin se niche l'hôtel Avenida, hôtel historique qui a vu passer de nombreuses célébrités, de Giraudoux à Aznavour, de Pessoa à Miterrand, de Mauriac à Amalia Rodrigues, nous ne pouvons faire que quelques pas à l'intérieur, mais c'est assez somptueux. Une petite grimpette plus tard et nous voilà au couvent des Carmes, ou plutôt à ce qu'il en reste : une sublime carcasse gothique ruinée par le tremblement de terre de 1755 (si, si, celui de Candide !). Mais cette immense nef à l'air libre est une partie du musée archéologique, qui présente des objets de toutes les époques, depuis la préhistoire portugaise jusqu'aux sculptures les plus baroques, en passant par des vestiges romains, ou... précolombiens, comme ces deux momies à la "Sept boules de cristal" et leurs objets rituels. En sortant nous avons une petite pensée pour ces foules venues consacrer et fêter le retour de la démocratie en avril 1974, notamment sur la place devant les Carmes. Mais il faut se restaurer et nous avions repéré un restaurant original : une sorte de cantine, avec un buffet bon marché, mais la nourriture y est excellente, typique. Nous repartons repus, pour nous poser dans un café historique, lové dans une cour ombragée d'un ancien bâtiment religieux, devenu centre culturel, La Broteria. Le moment est délicieux, et nous manquons de nous y endormir. Mais nous voilà de nouveau dans les rues, direction le Tage, par des tours et des détours : des magasins-ateliers d'azulejos, une église baroque, puis une autre, la pâtisserie Santo Antonio où les pasteis de nata sont sublimes, et les bolas de Berlim délicieuses, une rue toute rose où trône une ancien maison close, la Pensao Amor, qui a gardé bien des aspects coquins, et enfin le Cais do Sodré, avec sa foule venue profiter de la fin de journée au soleil, au bord du Tage. L'animation bat son plein autour des petits débits de boissons, parfois dotés d'un disc-jockey. La gare du quartier est à voir, avec son décor art déco, mais nous remontons sans tarder vers les rues du Bairro Alto, en constant que le funiculaire de Bica est bien fermé, en flânant dans des rues vivantes mais tranquilles, aux façades ornées de fleurs et de carreaux vernissés. Nous faisons une jolie halte au mirador de Santa Catarina qui offre une vue splendide sur les toits de la ville dévalant la pente jusqu'au Tage, alors qu'un guitariste nous offre des chansons françaises, américaines ou brésiliennes pour agrémenter l'instant. Et puis nous décidons de rentrer en reprenant le tram 28, qui nous ramène, entre cahots et freinages spectaculaires, dans notre quartier. Le soir nous ouvrons une bouteille pour un petit apéro au vin blanc du Douro et au fromage portugais. Encore une belle journée !
Journée consacrée à l'ouest de la ville. Nous nous rendons d'abord au palais présidentiel de Belém où doit avoir lieu la relève de la garde qui ne se produit qu'une fois par mois, en tout cas sous cette forme. Il ne s'agit pas seulement d'un remplacement de poste au pas claqué, c'est un véritable spectacle, avec fanfare, chevaux, chorégraphie de groupe. L'hymne portugais côtoie "Copacabana", les marches enlevées succèdent à des musiques dignes du cirque Pinder. A noter que nombre de participants sont des participantes, et visiblement avec responsabilité, bravo à l'armée portugaise ! On est resté là trois quarts d'heure sans voir le temps passer. D'autant qu'une partie de la cavalerie nous a donné rendez-vous dans un parc voisin pour la suite du spectacle musico-équin. Nous avons ensuite rejoint le "monument aux découvreurs", commémorant Henri le navigateur qui a ouvert la voie à la conquête du monde par les Portugais, puis nous avons fait une petite pause sur la terrasse d'un bar au bord du Tage. Nos pas nous ont conduits à la tour de Belèm, magnifique dans sa robe de pierre blanche, posée sur l'eau près de la rive, elle qui devait trôner au milieu du fleuve avant le tremblement de terre de 1755 devant changer notablement la géographie des lieux. Un petit arrêt repas à un food-truck grec, et nous montons à la petite chapelle de Saint Jérôme, joli cube Renaissance (Manuélin pour être précis) qui domine cette partie de Lisbonne. A la redescente, nous allons manger une glace au centre culturel de Belèm, qui regroupe auditoriums, bibliothèque, lieux d'exposition, le tout dans un bâtiment à l'architecture moderne mais agréable. Puis nous nous arrêtons à la boutique des "pasteis de nata" de Belèm, célébrissime pâtisserie vendue dans cette non moins célébrissime officine décorée d'azulejos à l'intérieur. Nous longeons très longuement le Tage, profitant des vues magnifiques sur le pont et le Christ immense trônant de l'autre côté, profitant aussi des petits parcs (nous dormons une demi-heure lovés dans des cercles de métal et de bois qui ne doivent pas servir à cela, mais bon...), du spectacle des sportifs exhibant leur physique impressionnant, du petit vent qui se lève en fin de journée. La soirée va se passer dans une atmosphère underground, dans le quartier "LX Factory", constitué de boutiques, bars, ateliers, librairies, installés dans d'anciens locaux industriels reconvertis. L'art urbain est partout (et cela dès avant notre arrivée, dans le tunnel de la gare d'Alcantara maritime décoré de graffitis impressionnants), l'imagination déborde, les yeux et l'esprit sont en alerte permanente. Nous y mangeons des "pastels de bacalhau" avec une petite bière portugaise, et nous reprenons l'exploration des lieux. Mais nous sommes fatigués et nous rentrons en utilisant un bus qui nous aura fait attendre un bon bout de temps. Belle première journée !
C'est reparti, nous voilà à l'aéroport, destination le Portugal, pour quelques jours à Lisbonne. Au programme... de belles découvertes probablement, de belles surprises à coup sûr, de belles balades sûrement et de belles expériences gustatives certainement. Il faudra nous suivre pour en avoir la teneur !
La première soirée nous a plongés immédiatement dans l'ambiance portugaise : maisons à la façade entièrement carrelée, incroyable rayon "morue" dans les magasins, marché couvert d'Ourique aux multiples restaurants, notamment de spécialités portugaises... Malgré la très grande difficulté à comprendre la langue et à s'exprimer en portugais, à saisir la prononciation et le vocabulaire, nous avons pu goûter à des "alheiras" (saucisses de porc et viande de volaille mêlée à de la mie de pain...), et à de la "bacalhau a bras" (morue incorporée à de la pomme de terre râpée avec de l’œuf et de l'oignon), franchement très, très bon tout ça ! Le tout arrosé d'un petit vinho verde acidulé. Les rues du quartier, pleines de petits restaus, de bars et de pubs, accueillent des jeunes joyeux, des familles nombreuses, des couples chics, dans la douce température d'un mois d'octobre printanier. Une très belle mise en bouche.
Dernier jour à Ibiza ! Nous profitons de cette dernière grosse demi-journée pour partir vers le nord. Nous nous arrêtons d'abord à Sant Joan, où se tient un marché qui se veut hippy, qui l'est un peu, mais qui est d'abord un marché, et lucratif visiblement. On y croise donc, entre les touristes, des représentants typiques du peuple de l'herbe, accoutrés comme il se doit. Après quelques allées et venues, achats et coups d’œil dans l'église du lieu, nous repartons pour Portinatx, tout au nord de l'île, avec un arrêt à une magnifique tour de défense érigée là pour défendre la baie. La vue sur Portinatx est superbe. Nous reprenons la voiture pour nous rendre au centre de la petite station balnéaire, nous prenons un café au milieu des habitants et de quelques touristes, dans une ambiance détendue mais animée, et nous allons sur la plage pour une baignade (au milieu des français...) et pour pique-niquer à l'ombre d'un pin, mais sous l’œil fort intéressé de goélands affamés. Malheureusement, l'heure passe et avant de rentrer chez Anna pour le départ définitif, nous nous promenons longuement le long du littoral de la petite ville, entre jolis immeubles, ancien phare reconverti en résidence, petite presqu'île hérissée de rochers pointus, et phare récent ressemblant à un sucre d'orge. Nous repartons tout de suite, chez Anna, nous avons juste le temps de prendre une douche et de préparer les affaires, et nous voilà en route pour l'aéroport. Le trajet aérien pour Marseille est très court, comme celui sur l'autoroute, et nous voilà rentrés à la maison !
Merci d'avoir lu ces quelques lignes quotidiennes !
Le temps devait se dégrader aujourd'hui... heureusement ce ne fut pas le cas. Nous sommes donc partis pour l'est de l'île, pour la région de Santa Eularia, une belle station balnéaire fort agréable et fort vivante. Une petite balade sur le bord de mer nous permet de profiter de l'iode, de beaux paysages et d'une vue sur une compétition mondiale de nage en eau libre. La ville est vivante, animée d'une fête aux livres, et nous nous arrêtons prendre un café au soleil et face au large. Nous repartons en direction d'une crique voisine, la Cala de Olivera, que nous rejoignons en traversant des collines qui commencent à être mitées de résidences et de villas extrêmement luxueuses. La cala nous tend les bras au bas du chemin, et nous profitons d'une table libre et à l'ombre (car le soleil tape finalement fort) au petit "chiringuito" du coin. Nous prenons des seiches à la plancha, des dorades grillées, des pétoncles à l'ail, avec un petit blanc sec... un régal absolu, sous les pins et devant les eaux bleues de la Méditerranée. Nous nous prélassons ensuite au soleil sur la plage, entre discussions, lectures, ramassage de galets et baignades. Au bout d'un certain temps, nous repartons à pied par le chemin de l'aller, nous rejoignons la voiture pour rejoindre la Cala Llonga, grande crique avec une immense plage bordée d'hôtels énormes et blancs. Une DJ ambiance un coin de la plage, avec des danseurs visiblement "made in Ibiza", et des badauds amusés, mais nous ne trouvons pas de bar sympathique pour nous abreuver. Nous repartons donc à Santa Eularia pour retrouver l'ambiance agréable de la ville, la compétition de nage libre et un petit bar au-dessus de la plage. La "clara" est la bienvenue, le spectacle des "estivants" avant l'heure nous amuse. Nous repartons pour aller voir l'église du Puig de la Missa, peut-être la plus ancienne de l'île. En chemin nous mangeons une très bonne glace. Une petite montée puis quelques escaliers nous mènent au sommet de la colline qui a dû être habitée très tôt, et qui laisse à présent voir des maison anciennes, blanchies à la chaux, des constructions en pierre, et surtout un ensemble formé d'une très grosse église du seizième siècle, d'un bastion fortifié de la même époque et de deux petits cimetières pleins de poésie. La vue depuis ce promontoire est magnifique, les murs blancs, le ciel bleu, les arcades, tout nous transporte dans une autre époque, ou en Méditerranée orientale. Nous redescendons, les yeux pleins de beauté, et nous revenons chez Anna, après une pause courses qui nous permet de finir la journée par un apéro dînatoire où les discussions vont bon train.
Une journée plutôt tranquille que ce vendredi, enfin, en principe. Nous partons vers la vieille ville en longeant la mer, l'air est frisquet, le ciel nuageux, il est même tombé trois gouttes lors du petit-déjeuner. Nous avons prévu de voir une exposition de photos dans un ancien couvent de la vieille ville... mais l'exposition est en train de plier bagage à notre arrivée. Nous déambulons dans l'ancien couvent devenu un bâtiment administratif et culturel, les murs sobres, blancs, le calme qui y règne, tout cela donnerait presque envie d'entrer dans les ordres. Quelques allées et venues dans les ruelles anciennes, un petit arrêt chez les chanoinesses pâtissières, et nous voilà au pied des murailles, installés au Montesol, fréquenté jadis par Orson Welles, Grace Kelly, les Pink Floyd ou d'autres stars hippies des années 60/70, Nous y prenons un "café bonbon" et un cappuccino, bien en accord avec le temps maussade. Mais nous devons attraper le bus pour rejoindre Anna à Sant Jordi, elle nous y attend avec des sandwichs que nous mangerons ensemble au lycée français. Nous marchons d'un pas pressé pour rejoindre la gare routière d'où part le bus, et en arrivant, il nous part sous le nez, alors que nous courons derrière lui. Qu'à cela ne tienne, nous attendrons le prochain, mais celui-ci arrive avec quinze minutes de retard. C'est quand-même encore jouable, cependant, à force d'arrêts longs ou de problèmes avec des voyageurs, les quinze minutes deviennent vingt, puis vingt-cinq, voire trente. Les gens s'impatientent, crient, mais rien n'y fait. Anna nous attend sur le parking de sa boulangerie, nous serons en retard. Lorsque nous arrivons au lycée, nous sommes présentés à quelques personnes du personnel, et nous attendons qu'Anna finisse ce qu'elle a à faire. Après le sandwich, elle nous fait visiter l'établissement, fort rural, avec son tout petit nombre de classes (donc d'élèves), entouré d'orangers, de figuiers ou de poules... En attendant l'heure du départ pour d'autres aventures, Mag fait une petite sieste sous un oranger pendant que je lis à l'ombre d'une palissade. Et nous voilà partis pour Sa Caleta, une petite crique entourée de bateaux de pêcheurs, au pied d'un promontoire où se mêlent des vestiges phéniciens (un village !), des restes de bâtiments du dix-huitième siècle et des années 1940, avec des batteries de canons et des bunkers. Mais le paysage est grandiose, dangereux avec ses falaises qui s'effondrent, mais magnifique. Un tunnel creusé dans la roche débouche sur la mer, au milieu des falaises : une merveille ! Nous repartons vers l'ouest à travers forêts intactes, belles demeures et complexes hôteliers gigantesques, pour nous garer à deux pas d'un chemin longeant les falaises, sur le point de s'effondrer elles-aussi. Nous l'empruntons et débouchons sur une vision à couper le souffle : les rochers d'Es Vedranell et surtout d'Es Vedra, qui pointe ses presque deux cents mètres de haut verticalement au milieu des flots. Impressionnant. Il y a trop de nuages pour voir le coucher du soleil, mais nous repartons juste au moment où l'astre du jour disparaît derrière la nue. Et ensuite, nous n'avons plus qu'à rentrer pour un apéro dînatoire/salade avec un petit Rioja blanc, tout à fait agréable.